DES CORNICHONS AU FRIEDRICH-EBERT-GYMNASIUM

DES CORNICHONS AU FRIEDRICH-EBERT-GYMNASIUM

« On est parti, samedi, dans une grosse voiture… » : il y a de l’ambiance ce mercredi matin dans la Aula du Friedrich-Ebert-Gymnasium ! Une trentaine d’élèves est réunie pour jouer autour de la célèbre chanson de Nino Ferrer. Objectif : mettre l’oeuvre en images scéniques à l’occasion des journées portes ouvertes du lycée.

Pour ce projet, deux journées de six heures ont été planifiées. Les élèves sont issus de deux classes de 8. Klasse et leur niveau de français est varié. En s’appuyant sur la célèbre chanson, les participants n’ont pas seulement pour objectif de proposer un spectacle devant un public : ils vont également enregistrer du vocabulaire et des expressions en français, tout en réalisant des exercices de théâtre. Le tout en groupe et dans la bonne humeur !

Mercredi 17 janvier

Philippine et Vincent, les deux intervenants du jour, démarrent la matinée avec des exercices pour réveiller le corps et « briser la glace ». On remue les pieds et les mains, on fait monter les talons aux fesses, puis les genoux au niveau de la poitrine. Tout le monde est chaud ? On passe alors à des jeux plus énergétiques et à des exercices sur la position de l’acteur, sur le déplacement dans l’espace et sur la déclamation. Après une bonne heure d’échauffement, les élèves sont dynamiques et interagissent entre eux et avec les intervenants. Peu à peu, Philippine et Vincent introduisent de l’action et du jeu… du Spaß ! En groupe, on imite des animaux, des villes, des situations : il neige, il fait chaud, les feuilles tombent, les fleurs poussent…

 

Vincent et les élèves

 

Pour les intervenants, ce premier temps est important car il permet un premier contact avec les élèves. Mais ce n’est pas tout : il est essentiel de créer de la confiance entre les élèves et les encadrants et cela passe par le rire, le jeu et l’énergie. Une fois le dialogue engagé, les peurs tombées, on peut alors proposer des jeux pendant lesquels les enfants se présentent aux autres comme « les chaises de l’émotion ». À cinq devant la classe, c’est un challenge : les élèves se dépassent, montrent leur visage, laissent de côté leur timidité pour jouer, jouer avec leur corps, avec leur visage et ensuite avec la langue étrangère !

Viens ensuite la découverte du texte, déjà souvent exploité sans le dire dans les jeux des émotions. C’est un moment de calme pour tous. On découvre, on ose demander la traduction, on partage les idées… Après avoir formé trois groupes avec trois textes différents, Philippine et Vincent laissent place à l’imaginaire des jeunes et à leur esprit de groupe pour proposer des images, des sons, des mouvements. C’est à partir de leurs propositions que se développer la petite forme souhaitée par les professeurs. Ensuite il « suffit » d’y ajouter le texte, de le répéter. La séance se termine sur un dernier jeu.

 

Passer la vitesse à 0,75x pour un apprentissage facilité !

 

Vendredi 19 janvier

Tandis qu’il tombe quelques flocons de neige dehors, Philippine, cette fois-ci accompagnée de Mathilde, débute la journée dans le calme et la décontraction : jeu de miroir avec une musique douce, exercices de mouvements (en groupe, on suit le « chef » – coryphée)… Puis on revient sur le texte de la chanson découvert mercredi. Quel vocabulaire ont retenu les élèves ? Surprise : les réponses fusent ! On les note au tableau. Maintenant que le texte semble bien appris, il s’agit de le mettre en image et mouvement.

 

 

Mais d’abord, on ralentit légèrement la vitesse de la chanson. Il est vrai que Nino Ferrer enchaîne très vite les phrases ! Chacun leur tour, les trois groupes formés enchaînent les paroles en les « jouant » : « On est partis » (on bouge les bras), « le samedi » (décontracté), « dans une grosse voiture » (un conducteur et des passagers…). Philippine et Mathilde aident les élèves à bien prononcer, donnent des conseils pour réaliser des images claires et qui s’enchaînent bien. Concentration… énergie… synchronisation ! Les groupes se regardent et s’écoutent, en chant, en mouvement et avec du jeu théâtral.

La suite du programme est surtout constituée de répétitions des mouvements et de la chanson, ensemble comme un seul groupe pour une seule représentation. Les dernières répétitions sont parsemées de jeux. Ces derniers ont toujours un objectif théâtral mais évacuent la pression du spectacle.
L’important à ne pas oublier : les intervenants s’adressent à des enfants, non à des professionnels. Ce n’est pas tant le résultat qui importe mais l’évolution des élèves, leur amusement avec la langue et le plaisir reçu par le « théâtre ». Pour Philippine, ce qui semble essentiel à apporter, c’est « cet esprit de troupe, de groupe. Un spectacle n’est pas conçu seulement d’individualités mais de compétences qui se complètent, se côtoient et travaillent ensemble pour un projet commun. »
 

Samedi 20 janvier

Restitution en spectacle à l’occasion des journées portes ouvertes. THEALINGUA n’était pas présent.

 

L’avis de l’enseignante

Pour Nadine Schlinsog, enseignante du français dans l’établissement qui a pris contact avec THEALINGUA, il était important de proposer quelque chose de dynamique pour les portes ouvertes. L’intérêt pour le français est en perte de vitesse. Ce projet offre une approche différente de la langue pour les élèves et montre que l’apprentissage peut être amusant, jeune et frais.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Texte : Benoît Faedo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *